Observatoire des débits – Bilan annuel 2025


illustration par TomZZ


I - Positionnement

RNC Mobile est un projet initié par des bénévoles passionnés de télécoms et porté par la communauté des Freenautes (clients chez Free). Son but est de centraliser les données d’identification des antennes Freemobile envoyées par les utilisateurs de l'application dédiée (Android) mais pas que. En effet, depuis l'été 2017, il est possible de mesurer les débits montants et descendants en chargeant plusieurs fichiers simultanément sur plusieurs serveurs différents et participer ainsi aux statistiques des fiches des sites radio. Particularités importantes, un test de débit n'est valide que s'il est entièrement fait sur le même site radio, dans la même technologie (3G/4G/5G) et uniquement sur le réseau propre Freemobile.
En d'autres termes, si durant le processus un changement de site ou de technologie s'opère, le test est coupé. Cet observatoire va donc s'appuyer sur cette base de données alimentée régulièrement par la communauté et nous vous proposerons régulièrement – dans la mesure du possible - des statistiques qui vous permettront d'évaluer le déploiement du réseau Freemobile.


II - Volume de données traitées

La régression du nombre de mesures de débits en 4G enclanchée au lancement de la 5G se poursuit inexorablement (régulièrement au-dessus de 2000 tests jusqu'à la fin de 2024, le niveau a pu se maintenir à plus de 1000 tests jusqu'en juillet 2025 pour s'effondrer bien en dessous en fin d'année).
En revanche, les mesures de débit en 5G se sont maintenues autour des 4000 (4208 à 4618 de juillet 2024 à juillet 2025, puis 3795 en décembre 2025)  avec des fluctuations saisonnières assez prononcées, probablement liées aux déplacements variés des contributeurs (passage de zones urbaines à zones rurales ou touristiques).
En tendance générale, on constate donc une régression sensible du nombre de mesures depuis l'automne 2024. La principale raison est un problème technique liée à la bibliothèque utilisée par l'application RNCmobile et concernant Android 15 qui a contraint le développeur a invalider automatiquement la totalité des tests réalisés sous Android 15. Le passage sous Android 15 ne concerne heureusement que les mobiles récents et de nombreux contributeurs utilisent ou ont conservé un mobile de plus de trois ans qu'ils ont réactivé. Par ailleurs, le passage s'est avéré très progressif. Si les premiers mobiles ont été convertis en septembre 2024, de nombreux modèles, notamment de Samsung, ne l'ont été qu'en mai-juin 2025.
Ce long délai de conversion a ainsi limité la réduction de la taille de l'échantillon.
Une nouvelle version de l'application corrigeant ce bug a été publiée le 25 décembre 2025 en version beta, puis la version tous publics l'a été le 5 janvier 2026. Mais, cette nouvelle publication est intervenue trop tardivement pour concerner les mesures réalisées en 2025.


Malgré ces vicissitudes, il est possible de constater que la progression relative des mesures en 5G entamée depuis 2021 s'est poursuivie en 2025. La part des tests en 5G dépasse ainsi 80% sur les trois derniers mois. 
C'est la conséquence de la progression du déploiement de la 5G tel qu'indiqué plus loin (§ III - Éléments de contexte).


La 3G, qu'elle soit en zone blanche ou en réseau propre a quasiment disparu des tests comme constaté lors des observatoires précédents. 
La 4G en réseau propre poursuit sa régression et se situe à moins d'un test sur cinq sur l'année 2025 et même en dessous d'un test sur quatre au dernier trimestre.
La 4G en zone blanche se maintient en revanche autour des 2% sur les cinq dernières années.


Les parts annuelles de la 5G (SA+NSA) poursuivent leur progression sur les trois dernières années de 67% en 2023, à 69% en 2024 et à 76% en 2025.
Globalement, cinq années après son lancement, la 5G dépasse donc les trois-quarts des mesures de débit. Ce nombre est assez cohérent avec le taux de couverture en 5G annoncé par Freemobile à 95% de la population - si l'on fait l'hypothèse que les speedtesteurs motivés sont largement dotés de mobiles 5G de plus de trois ou quatre ans.


Le graphe suivant vise l'évaluation de l'impact du "bug Android 15" sur le pourcentage de tests réalisés en 5G SA.

La répartition entre 5G SA et 5G NSA laisse apparaître une sur-utilisation de la NSA explicable par un nombre de sites capable de SA encore sensiblement inférieur à celui des sites 5G où seule la NSA est proposée, même si les deux situations sont presque équilibrées en fin d'année 2025 en nombre de points hauts équipés (voir ci-dessous §III-1).
L'effet "bug Android 15" qui nous a contraint au retrait des mobiles les plus récents et donc souvent les plus performants a induit une chute de l'ordre de 10 points à compter du deuxième trimestre 2025 (15% contre 25%) du pourcentage de mesures faites en 5GSA.
Le premier mois complet de l'année 2026 (donc avec la version 5 de l'application) montre un rétablissement de la situation avec la récupération des 10 points perdus.


III – Éléments de contexte

III - 1 Déploiement des fréquences 5G

III - 1a Part du haut débit au niveau national

Le déploiement par Freemobile des fréquences et technologies à partir de l'exploitation des données de l'ANFR se présente comme suit (hors zone blanche) en fin d'année 2025.

Si l'on s'intéresse aux sites actifs hors zone blanche, ceux équipés uniquement en 3G ne sont plus présents. Les sites ne disposant que de la 4G ne regroupent aujourd'hui que 7% des cas de figure dont 1302 en réseau propre (soit 5%).



Enfin, les sites 5G se répartissent entre sites capables de haut débit (3500MHz) à hauteur de 43% de l'ensemble des sites hors zone blanche (47% des sites équipés d'une fréquence 5G). Les sites 5G n'utilisant que la fréquence en or (700MHz) voient leur part se réduire régulièrement grâce à l'apport de nouveaux sites majoritairement situés en zone dense.
Le nombre de sites dont l'intérêt pour l'équipement en fréquence haute (3500 MHz) se restreint considérablement. En effet, Freemobile ne compte aujourd'hui que 13 365 points hauts (réseau propre actif et en projet situé dans une commune dont le code de densité de population varie de 1 à 4).
Il ne reste donc que le différentiel entre ce nombre et les 12 668 points hauts actifs ou sur le point de l'être dans les prochains mois [soit 697 sites à équiper(*)].

(*) auquels il faut ajouter la compensation des 25% situés en zone peu dense pour simplement satisfaire une obligation inutile, voire contre-productive (soit 1972 sites actifs qui auraient très bien pu être équipés en 5G SA dotée des 2 fréquences 700 MHz et 2100 MHz, voire d'une troisième 1800 MHz.


III - 1b Part du haut débit au sein de la 5G en zone dense

Si les sites à haut débit sont encore minoritaires au niveau national, ils sont très largement majoritaires dans les zones denses. Et si on se limite aux zones urbaines les plus peuplées et donc les plus denses en considérant les 20 villes de plus de 150 000 habitants, leur taux d'equipements dépasse les 82% en fin d'année 2025 alors qu'ils ne couvraient que 27% des sites un an après le lancement de la 5G.


III - 2 Déploiement de nouveaux points hauts


Si l'on se réfère à la création annuelle de sites capables de 4G qui reflète parfaitement le nombre de points hauts ajoutés chaque année au portefeuille de Freemobile, on peut constater une belle régularité dans la construction de ces sites depuis plus de 10 ans. En effet, ce chiffre dépasse systématiquement les 2000 sites. Les années 2016 et 2017 sont un peu hors norme en raison de l'apport de plus de 2000 sites en zone blanche (sites du programme centre-bourgs construits par les autres opérateurs et intégrés en deux ans au parc de Freemobile).


III - 3 Calendrier de déploiement des technologies

Voir le chapitre III - 4 "Calendrier de déploiement des technologies" de l'observatoire des débits du premier semestre 2025 pour les déploiements antérieurs.

01/01/2025 : Poursuite du déploiement de nouveaux points hauts (§III -2).
Poursuite de la politique de déploiement du MIMO4x4 visant l'intégralité des sites situés en zone dense (soit la moitié des ~26000 sites actifs ou en projet fin 2025 hors zone blanche).
Poursuite de la conversion des sites 2100 MHz de 3G en 4G (~20 500 sites actifs au 31 décembre 2025).
01/07/2025 : Réutilisation de l'intégralité de la fréquence 900 MHz vers la technologie 4G [Aucun site au 1er juillet 2025 - Intégralité des sites hors zone blanche au 31 décembre 2025, soit 23 554 actifs].


Les Débits (Préambule)

La simple analyse des moyennes ne permettant pas de rendre compte de la diversité et la complexité des situations rencontrées sur un parc d'antennes-relais, la comparaison des performances entre les technologies repose sur la détermination de profils de débits construits à partir de la notion statistique de percentiles. L’analyse sera principalement conduite sur une base temporelle (évolution des profils de débits du premier semestre 2025 en référence à l'année 2024). 
La technologie 5G recouvre la 5G NSA qui s'appuie sur un coeur de réseau en 4G et qui permet l'agrégation des fréquences 4G et sur la 5G SA dont le coeur de réseau repose sur la technologie 5G, mais sans permettre - à ce stade de déploiement - l'agrégation de l'une des 5 fréquences utilisées en 4G.
Une comparaison des résultats induits par les deux techniques figure au chapitre VI.


IV - Profils annuels des mesures de débit 5G

IV - 1 Profil des débits descendants moyens 2025 comparés aux années précédentes

Les débits descendants moyens ont encore progressé en 2025 en référence à l'année 2024.
Cette progression se situe autour de 7% pour la valeur médiane(*) et entre 7% et 8% pour la fourchette des débits compris entre le premier et le dernier quartiles (encadrant ainsi la moitié de l'échantillon).
Comme indiqué au §III - 3d, le déploiement de la 5G large bande -  après s'être fortement ralenti dès le milieu de l'année 2022 jusqu'à fin 2023 - s'est à nouveau fortement accéléré.
La progression en débit qui en résulte est de près de 27 Mbps contre 18 Mbps lors de l'année précédente.
Il faut rappeler qu'une partie non négligeable du gain provient des diverses améliorations de la 4G (en 5G NSA) signalées au §III - 3 Calendrier de déploiement des technologies.
En revanche, l'apport du remplacement des mobiles les plus anciens des Freenautes par des mobiles plus performants (meilleure multi-agrégation) ne joue plus cette fois-ci en raison du "bug Android 15" qui nous a conduit à éliminer toutes les mesures de débit réalisées avec un mobile récent dès lors qu'il opère sous cette version du système d'exploitation.
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(*) En valeur moyenne, la progression est de 48 Mbps (+11%) portée principalement par l'apport d'une nouvelle fréquence LTE 900 MHz, voire de deux (+15 MHz avec le LTE 2100 MHz) particulièrement visible à la droite de la courbe (derniers déciles et surtout dernier percentile).


IV - 2 Profil des débits montants moyens 2025 comparés aux années précédentes


Les débits montants moyens s'améliorent sensiblement sur l'ensemble du profil avec une progression de 16% sur la valeur médiane et de 21% & 21% sur les deux quartiles.
L'agrégation de deux fréquences en débit montant, entamée au début de l'année 2022 est maintenant probablement généralisée. L'apport des deux fréqences 4G supplémentaires n'a pas d'impact sur la droite du profil puisque l'agrégation possible se limite à deux fréquences en débit montant.


V - Profil trimestriel des mesures de débit descendant 5G

V - 1 Profil des débits descendants moyens comparés par trimestre (2024-T4 et 2025)



Compte-tenu des variations saisonnières importantes des débits portées par la variabilité des déplacements des contributeurs selon la période de l'année, il peut être intéressant d'effacer ce phénomène en comparant les trimestres entre eux et en mesurant l'évolution des débits sur un même trimestre au cours des deux dernières années.
En procédant ainsi, la médiane progresse de 7% sur le quatrième trimestre (2025 vs 2024).
L'amélioration des débits sur les deux quartiles est de -1% et 14%
L'effet de déploiement accéléré de la 5G large bande entre avril 2024 à fin 2025 accentue la progression constatée d'année à année. Il ne faut pas non plus négliger le gain apporté par les équipements 4G (nouveaux sites ou sites améliorés) qui contribuent à l'augmentation des performances en 5G NSA dont les tests sont les plus nombreux.
L'effet de ces déploiements est quasi nul sur la gauche du profil (échantillon non concerné par les évolutions - car resté en 5G NSA 700 MHz - ou faiblement touché par les apports de nouvelles fréquences en 4G (900 et 2100 MHz). En revanche, l'effet est particulièremen visible sur la partie droite du profil.


V - 2 Profil des débits montants moyens comparés par trimestre (2024-T4 et 2025)


En réduisant la taille de l'échantillon, l'analyse d'un trimestre à l'autre peut amplifier l'écart constaté sur la comparaison annuelle. Cette amplification usuelle est possiblement aussi amplifiée par le retour de speedtesteurs utilisant la version 5 de l'application à la fin de l'année.
Ainsi, la médiane progresse de 23% (fourchette des quartiles : 10%/20%). 


VI - Contribution de la 5G SA aux résultats de la 5G

La fin d'année 2024 a vu arriver - sur l'une des fréquences utilisée pour la 5G - la technologie 5G SA (standalone, donc fondée sur un coeur de réseau 5G contrairement à la 5G NSA).
L'introduction à grande échelle est assez récente (18 septembre 2024).
Les analyses s'appuient sur un échantillon de 9 228 mesures de débit réalisées en 2025.
Néanmoins, une simple comparaison des profils de débits descendants entre la la 5G SA et la 5G NSA permet de mesurer l'effet du choix entre mode autonome sur une seule fréquence et mode non autonome s'appuyant sur les fréquences disponibles en 4G.



En 5G SA, la médiane ne régresse que de 17% en référence à la 5G NSA (376 Mbps vs 451 Mbps).
Pour un utilisateur, il est difficile de dépasser le Gbps en absence d'agrégation d'une autre bande de fréquence à la fréquence 3500 MHz compte-tenu d'une largeur de bande limitée à 70 MHz et aussi partiellement utilisée en débit montant en TDD. 
Les performances obtenues au-delà du dernier quartile sont en retrait de plus de 30%.
En revanche, la 5G SA apporte un gain de près de 30% entre le premier décile et le premier quartile. Aucune surprise dans ces résultats. Le quart le moins performant de l'échantillon 5G NSA contient probablement un très grand nombre de tests réalisés en 700 MHz sur des installations ne disposant pas de la technologie MIMO4x4 (maximum théorique de 646 Mbps en agrégeant toutes les bandes).


VII - Profils annuels des mesures de débit 4G

VII - 1 Profil des débits descendants moyens en 4G



Après une période de stabilité de 2021 à 2023, la valeur médiane de la 4G évolue sensiblement en 2024 et à nouveau en 2025 (+21% sur 2024 et +45% sur 2021).
Le dernier quartile progresse moins en 2025 (+12% de 2024) et la progression par rapport à 2021 de +37% est du même ordre.
Enfin, le premier quartile progresse significativement en 2025 (34% sur 2024) après une période de stabilité de 2021 à 2024.
Cette progression d'ensemble semble principalement poussée par le déploiement régulier de la fréquence LTE 2100 MHz sur les dernières années (300 sites ajoutés par mois environ) et plus récemment de la fréquence LTE 900 MHz (24000 sites ajoutés en six mois).
La conversion en cours des sites en technologie MIMO4x4 y contribue dans une mesure probablement au moins équivalente. L'évolution en débit apportée par cette technologie est bien plus importante (50 MHz équivalent contre 15 MHz en LTE 2100 et 5 MHz en LTE 900), mais cette améloration est ralentie par deux facteurs : d'une part, le moindre nombre de sites concernés (~200 sites par mois) et, d'autre part, le nombre réduit de mobiles capables de gérer l'agrégation multiple en MIMO4x4.
La progression relative de la 4G est supérieure à celle de la 5G (21% vs 7% sur la médiane, mais la progression en débit reste inférieur avec un gain de 18 Mbps contre 27 Mbps pour la 5G. 


VII - 2 Profil des débits montants moyens en 4G


Les débits montants progressent sur la quasi-totalité du spectre de débit entre 2024 et 2025, portés essentiellement par la possibilité d'agrégation de deux fréquences et par le changement de modulation (256QAM vs 16QAM). Ces deux avantages ne sont accessibles qu'aux détenteurs de mobiles performants et le renouvellement du parc de mobiles participe à cette évolution favorable principalement sur les débits élevés (à partir du dernier quartile).


VIII - Les communes disposant de mesures de débits

3384 communes ont fait l'objet d'au moins une mesure de débit lors de l'année 2025, soit moins que les 5065 communes testées en 2024 sur la même période (en raison notamment de l'invalidation des mesures réalisées sous Android 15 ou 16).
Parmi les villes les plus testées, figurent : Paris [2495  mesures dont 88 % en 5G - 28 % en SA et 60 % en NSA], Lyon [1719 mesures dont 87 % en 5G], Marseille [993 mesures dont 61 % en 5G], Bordeaux [811 mesures dont 82 % en 5G], Saint-Etienne (394 mesures dont 88 % en 5G], Reims [3378 mesures dont 81 % en 5G]. 
Aix-en-Provence, Nice, et Toulon se situent dans une fourchette de 100 à 300 mesures.
Parmi les 20 plus grandes villes, Dijon, Le Havre, Grenoble, Toulouse, Strasbourg, Nantes, Montpellier, Lille , Villeurbanne et Rennes ne bénéficient que de moins de 100 mesures de débits.
Les taux élevés de tests réalisés en 5G (voire en 5G SA), dans les villes de plus de 150 000 habitants s'expliquent par les taux élevés d'équipements en 5G comme le montrent les chiffres de l'ANFR (voir graphe III - 1b).


IX - Les mobiles et pseudos utilisés

Pour effectuer les 64 616 mesures de débit, 266 mobiles ont été utilisés, contre 471 en 2024. La baisse sensible s'explique encore par l'invalidation de tous les tests réalisés avec des mobiles ayant basculé sous Android 15 et 16.
La moyenne de tests s'établit donc à 243 par modèle. 
40% des tests ont été réalisés avec un mobile Samsung dont la conversion massive à Android 15 n'est intervenue qu'à partir de mai-juin 2025.
531 pseudos différents ont été utilisés contre 735 en 2024 en raison de l'invalidation de tous les tests réalisés sous Android 15 et 16, soit une perte de 28 % des contributeurs.
La moyenne de tests s'établit donc à 122 par pseudo. 


Voila, cet observatoire est maintenant terminé, nous vous donnons rendez-vous au début de l'année prochaine pour le bilan annuel.

N'hésitez pas à nous remonter vos remarques sur les réseaux sociaux, à bientôt.